Longtemps complexés par leur méconnaissance du vin, les Français cherchent à se réapproprier ce produit culturel. Pour répondre à cette demande, les interprofessions viticoles lancent aujourd'hui la première Journée Vinplissime.
Soixante pour cent des Français avouent ne rien comprendre au vin (1). Et le déplorent, si l'on observe l'incroyable engouement pour les cours d'initiation au vin. La baisse (constante) de la consommation de vin dans l'Hexagone ne serait donc pas due à un désintérêt ou à une mauvaise image. À en croire Vincent Grégoire, tendanceur star chez Nelly Rodi, ce serait la réputation élitiste du vin qui aurait détourné les amateurs.
« Ils ont le sentiment qu'il faut avoir bac + 12 pour pouvoir déguster. C'est très angoissant pour les néophytes. Les professionnels ont un véritable effort à faire. » Justement, ils y viennent. Pour relancer l'intérêt des Français, les interprofessions se sont regroupées et ont lancé une opération de vulgarisation : la Journée Vinplissime (2). Jusqu'à ce soir, 170 centres commerciaux et bon nombre de cavistes mettront en place des espaces information sur lesquels des livrets seront distribués, permettant à chacun de définir son profil d'amateur en fonction de ses goûts et de ses odeurs préférés.
De même, 5 000 restaurants s'associeront à l'opération, en proposant à leurs clients de choisir un menu en accord avec leur profil de dégustateur. Une démarche essentiellement ludique qui ne permettra pas forcément une véritable approche éducative du vin. Mais en désacralisera au moins l'accès.
En ce sens, Marielle Kubick, animatrice d'ateliers vin dans les associations de quartiers, approuve l'initiative. Son credo : aller au-delà des étiquettes connues et de l'idée absurde, selon laquelle seuls les bordeaux et bourgognes vaudraient le détour. « Contrairement à ce qui se passe avec un instrument de musique, on progresse vite en dégustation. Et convivialité aidant, on ose plus facilement donner son avis avec ses propres mots. C'est pour ça que ça marche. »
Les sommeliers ont, eux aussi, un rôle à jouer dans la démocratisation du vin. Pour Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde en 1992, « c'est à nous de mettre les amateurs en confiance et de leur donner les outils pour mieux déguster ». Du coup, il vient de sortir un ouvrage très facile d'accès, Comment goûter un vin (Éditions EPA), et reçoit ponctuellement un vigneron dans son restaurant, Le Bistrot du sommelier (Paris 8e. Tél. : 01 42 65 24 85), pour des repas dégustation. L'idée n'est pas de faire de nous des oenologues, mais des amateurs qui prennent plus de plaisir, savoir oblige, à déguster. « De l'émotion avant toute chose, conclut le sommelier, voilà ce qui donnera envie aux gens d'en savoir plus et d'aller à la rencontre des vignerons. »
(1) Ipsos/Afivin 2002, sondage effectué sur un panel de 600 personnes entre 18 et 50 ans. (2) Rens. : www.vinplissime.com
Paris, capitale des gogos, par François Simon.
...un saint-pierre à l'oseille, par Christian Flacelière.
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