Luxe

Van Cleef & Arpels : 100 ans sous toutes ses facettes

Claudine Hesse. Madame Figaro. Photo : Paul Delort/Le Figaro

Le célèbre joaillier de la place Vendôme fête son anniversaire avec éclat : 186 bijoux aux noms évocateurs sont créés pour l'occasion.

Stanislas de Quercize, dynamique p-dg de la griffe joaillière, a fêté l’hiver dernier l’inauguration de sa boutique new-yorkaise sur la Ve Avenue, précieusement revue et corrigée. À cette occasion, il a invité ses meilleurs clients au monde à un dîner fastueux dans les lieux. Des tables étaient dressées au centre d’un décor signé de l’Américain Randall A. Ridless, un concentré de matériaux pur luxe : vitrines en nickel, consoles en argent, verre et laque noire, spectaculaire chandelier Art déco en cristal soufflé à la bouche, cheminée cosy et bibliothèque dont rêveraient tous les passionnés de bijoux !

Un décor unique, comme le sera, à la fin de l’année, celui de la boutique historique de la place Vendôme à Paris, entièrement repensée par un architecte d’intérieur français, Patrick Jouin. Dans un cadre encore tenu secret, mais dont on sait déjà qu’il mixera passé et présent, boiseries anciennes et esprit design. Avec en rotonde, au premier étage, une grande fresque reprenant les motifs Art déco chers à Van Cleef & Arpels. La raison de tous ces changements ? Un anniversaire. Et de taille : 100 ans, un centenaire que la griffe fête en beauté avec trois nouvelles collections de haute joaillerie – soit 186 pièces, pas moins –, dont chacune rend hommage aux spécialités maison. Elle ont été baptisées : « Pierres de Caractère », « Trésors Révélés » et « Une Journée à Paris ».

Mille millions de carats

À l’origine est la pierre. Les pierres. Celles que l’on est allé extraire au plus profond des mines. Comme ces trois émeraudes baroques dites Vieilles Mines, dont la plus grosse atteint 127,45 carats, découverte dans les mines de Muzo, en Colombie. Comme ces saphirs Padparacha, ces rubis birmans à l’unique pureté ou ces aigues-marines venues du Brésil... Merveilles des merveilles dont les artisans joailliers de Van Cleef & Arpels qui oeuvrent dans l’atelier maison sis à l’ombre de la place Vendôme ont exalté la beauté! Avec une collection exceptionnelle de 100 pièces, évidemment uniques, dont la moitié a déjà été vendue – et qui mérite bien son nom de « Pierres de Caractère ». Avec « Trésors Révélés », ce sont onze merveilles réalisées d’après des dessins d’archives jamais exploités, jamais concrétisés. Résultat : des pièces tout aussi exceptionnelles.

Pour preuve, ce clip Chardon aux rubis suiffés pou une rondeur gourmande, ou ce collier drapé tout en diamants qui s’enroule autour du cou avant de se nouer sur l’épaule... Exposée à la Biennale des antiquaires (jusqu’au 24 septembre), cette collection a eu un succès fou ! Enfin, plus ludique, « Une Journée à Paris » est la quintessence même de ce qui a toujours guidé la maison dans son inspiration : la couture et la nature ; des noeuds, des rubans, des papillons, des fleurs, des fées et même... un oiseau de Paradis.

Tant d'éclat pour un centenaire

Retour sur images... Il était une fois un lapidaire d’Amsterdam, Lion Salomon Arpels, qui, trouvant sa ville étriquée, débarqua à Paris pour prendre le pouls de cette cité festive en pleine période Napoléon III, à la faveur des bals scintillants qui faisaient alors florès ! Dans la capitale, il rencontre Alfred Van Cleef, joaillier (mais aussi, par hasard, un cousin éloigné !), et s’associe à lui pour fonder, en 1897, leur première société joaillière. Il faudra attendre encore une décennie et le mariage d’Alfred avec Estelle Arpels (la fille de son associé... donc sa cousine) pour que naisse la société qui porte, depuis 1906, le nom des deux familles. Et la boucle est bouclée ! D’abord installés à la Madeleine, ils rallient la place Vendôme et feront (avec les trois frères d’Estelle, Charles, Julien puis Louis) de leur griffe joaillière l’une des plus courues de la planète ! Immédiatement plébiscitée par les rois, les maharajas et les personnalités telles Ava Gardner, Jackie Kennedy, Farah Diba, Wallis Simpson, mais aussi aujourd’hui Julia Roberts ou Scarlett Johansson ! C’est parce que, paraît-il, elle minaudait.... qu’Estelle Arpels sera l’inspiratrice de la Minaudière (l’ancêtre du sac du soir, qui renfermait à l’époque un micro-nécessaire à maquillage), créée en 1930. Sa fille, Renée Puissant, fut elle-même reconnue par la profession comme l’une des plus grandes directrices artistiques en la matière de 1926 à 1942. Bon sang ne saurait mentir ! Depuis 1999, la maison appartient au groupe Richemont, qui a su allier passé et présent, héritage et savoir-faire au développement international.

Lire le très beau livre anniversaire : « Van Cleef&Arpels 1906-2006, Reflets d’Éternité » par Marc Petit, poète, romancier et historien (éditions Cercle d’art), et dont les somptueuses photos sont signées Guy Lucas de Pesloüan. Et celui de Sylvie Raulet « Van Cleef&Arpels » (éditions Assouline), biographe de la marque.

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Une recherche de cohérence par le style, pas par le prix.

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